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COMMUNIQUE DE GRAND-BASSAM |
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 Nous, Chefs de villages, de Quartiers et des Communautés des Communes de Grand-Bassam, Bingerville, Koumassi, Port-Bouet et Treichville, soussignés, tenons à porter à la connaissance du peuple de Côte d'Ivoire, de la Communauté Internationale et des Opérateurs économiques, les précisions suivantes: Modeste, village N'Zima, fondé par la famille KONNEY, est une Circonscription Administrative à part entière, au sein du Département de Grand-Bassam. Il est à la fois une agglomération de la Commune et de la Sous-Préfecture de Grand-Bassam et s'étend sur près de 9 km, de part et d'autre de l'axe routier Abidjan-Grand-Bassam, entre le village ANANI de la Commune de Port-Bouet et le quartier Jean-Baptiste MOCKEY de la Cité Balnéaire Bassamoise. D'une superficie de 3.000 hectares environ, le village de Modeste compte une population résidente estimée à 3.000 âmes. Conformément aux dispositions de l'Arrêté Préfectoral N°21/PGBM du 19 Décembre 2000, Nanan KONNEY Ahoua Simon assume les fonctions de Chef de cet important village doté d'une école primaire publique et de plusieurs édifices religieux dont:
- 3 Mosquées,
- 2 Chapelles Catholiques,
- 1 Temple CM.A,
- 1 Temple Evangélique,
- 1 Couvent Harriste.
Mais, Nanan Kangah ASSOUMOU, Chef des Abouré-Ehê qui a fait de la vente illicite de terrains, une activité commerciale très florissante tente coûte que coûte de brader à des Opérateurs Economiques Espagnols, Indiens et Italiens, les terres de Grand-Bassam et notamment celles de Modeste. C'est dans cette optique qu'il a osé brandir récemment dans la Presse, des documents que lui aurait laissés, en héritage, son oncle DIGUESS. Selon lui, ces documents donnent la preuve que Modeste est un campement et une propriété du village de Moossou.
Dans nos recherches, nous avons découvert, heureusement, que le personnage qui se cache habilement derrière le sobriquet DIGUESS est en réalité le sieur DIBEY AKOMIAN Joseph, cet ex-employé du Cadastre de Grand-Bassam, qui a été emprisonné en 1951, pour escroquerie, faux et usage de faux, faux en écriture cadastrale et vente illicite des terres (stellionat). Dans la même année, Il est destitué Chef du village de Moossou par l'Administration Coloniale.
Pour les mêmes charges, ce repris de justice, DIBEY AKOMIAN Joseph comparait de nouveau devant le Tribunal de première Instance de Grand-Bassam, le 21 Avril 1954, mais cette fois, sous une nouvelle identité. Il s'appelle désormais DIGBEY Joseph, né vers 1911 à Grand-Bassam, fils d'AKEHI et de KACOU Obrou. Il est Planteur demeurant à Moossou. Mais, bien que mort en 1977, le sieur DIGBEY Joseph, grâce à Monsieur BOGNINI Jean-Baptiste, l'homme de main du Chef du village de Moossou, reconnu pour son talent de falsificateur de signatures, continue à signer des documents et à délivrer des contrats de location de parcelles dans la zone de Modeste.
D'origine très douteuse, les documents exhibés à longueur de journée par Nanan Kangah ASSOUMOU, ne peuvent donc qu'être déclarés nuls et de nul effet. Dans sa diatribe, parue dans un journal de la place, Nanan Kangah ASSOUMOU soutient que Nanan KONNEY Ahoua Simon, de retour d'un voyage au Ghana, s'est rendu à son domicile à Moossou, lui a dit qu' : « il ne ferait pas comme son père. Il lui accordera le respect auquel il a droit. Ce jour-là, il m'a offert, une bouteille de Whisky JB de cinq (5) litres et trois (3) pagnes Wax de Côte d'Ivoire pour mon épouse ». Nous voulons ici, vous rappeler tout simplement, Nanan Kangah ASSOUMOU que Nanan KONNEY Ahoua Simon, l'actuel Chef du village de Modeste, a conduit effectivement une forte délégation à votre domicile pour vous présenter, au nom du Roi, des Chefs de villages et de Communautés, les condoléances sincères du peuple N'zima-Kotoko de Côte d'Ivoire, à l'occasion du décès de votre maman. C'est une démarche normale. A cet effet, il a fait des dons que vous avez acceptés avec beaucoup de plaisir. Il s'agit de :
- 2 cartons de bouteilles de GIN soit 24 bouteilles;
- 3 demi-pièces de pagne WAX, pour votre défunte mère et non pour votre épouse;
- 1 bœuf offert par Awula TANOE Amon, Roi des N'Zima-Kotoko de Côte d'Ivoire;
- 1 enveloppe contenant une forte somme;
- et 1 bouteille de Whisky de 5 litres, offerte par Nanan KONNEY Ahoua Simon à titre personnel.
Dans la même interview, vous avez osé traiter Nanan KONNEY Ahoua Simon de Ghanéen et d'usurpateur de titre. De même, vous avez outragé le peuple N'zima, en proférant sans raison, des injures acerbes contre ses Chefs de village et ses Cadres, éminents serviteurs de l'Etat de Côte d'Ivoire.
Aujourd'hui, nous nous contentons de répliquer partiellement à vos attaques répétées, en faisant connaître au Peuple Ivoirien et à la Communauté Internationale, qui vous êtes en réalité. Incontestablement, vous êtes N'zima car vous êtes né N'zima par votre grand-mère maternelle. Comme votre grand-père Manzouabouè, votre grand-mère maternelle Walaga a été enterrée au cimetière de Half-Assinie au Ghana. D'ailleurs, c'est dans ce village Ghanéen que vous avez fait vos classes primaires. Mais, pour diverses raisons, vous avez interrompu les études pour venir vous réfugier en Côte d'Ivoire. Heureusement, grâce à la générosité de personnes dont nous taisons volontairement les noms, vous avez été embauché comme liftier dans une Brasserie de la place. Vos oncles maternels Manzouabouè Beneth Kodjo et Mockey Menlan qui ont vécu longtemps dans ce village, ont toujours entretenu de très bons rapports avec vous. C'est à ce titre que Mockey Menlan, alors Chef de votre famille, est venu spécialement du Ghana pour procéder à votre installation, en qualité de Chef du village des Abouré Ehê de Moossou, le 04 Mai 1991, à la suite de la cérémonie de libation qu'il a tenue à officier lui-même. Sachez-le, une fois pour toutes, Nanan Kangah ASSOUMOU, qu'«un morceau de bois a beau séjourner, dans un marigot, il ne se transforme jamais en crocodile ».
Il vaut mieux donc, pour vous, que vous appreniez à vous taire car la vérité rattrape toujours le mensonge. Nous sommes persuadés que la vérité vous rattrapera bientôt. Et puisque les mêmes causes produisant les mêmes effets, vous n'êtes pas du tout loin de connaître le même sort que le tristement célèbre DIGBEY Joseph, votre oncle. A Agboville, personne ne vous a reconnu, un quelconque droit de propriété des terres à Grand-Bassam, malgré les menaces et injonctions de l'ex-Première Dame, votre alliée et soutien indéfectible qui vous a permis cette arrogance, depuis l'avènement de son époux au pouvoir d'Etat. D'ailleurs, pour éviter de subir l'humiliation qui convient, vous avez prétexté, comme un écolier buissonnier, un malaise cardiaque pour ne pas assister aux réunions ténues du 08 au 10 Avril 2010.
D'autre part, notre combat contre l'imposture nous impose de prévoir l'avenir, compte-tenu des menaces de disparition qui planent incessamment sur les villages côtiers, du fait de l'avancée inéluctable de la mer. Nous prévoyons, avant toute chose, de préserver un espace pour le recasement des populations de ces villages menacés. Nous pensons que cette voie est plus raisonnable que celle qui consiste à favoriser le bradage sauvage de nos terres par Nanan Kangah ASSOUMOU et sa clique.
Fait à Grand-Bassam, le 20 Avril 2012
LES SIGNATAIRES :
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INVITATION DES POPULATIONS |
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 Nous,
- Nanan Kouamé ADOU, chef du village Impérial
- Nanan YAO Koffi Emile IV, chef central des Baoulés
- Nanan EHOUE N'Zalassé Joseph, chef des Agnis
- Nanan ADOU Kouakou, chef des Brons
Invitons les populations N'Zima - Baoulés - Agnis et Brons à participer massivement à la grande fête de L'ALLIANCE et L'UNITE des peuples, qui aura lieu le Samedi 09 Octobre 2010, au Palais Royal de Grand-Bassam, sis au quartier France à partir de 14 heures.
La Paix Sociale et la Concorde entre les peuples nous commandent de venir nombreux célébrer dans la ferveur et l'allégresse, L'ALLIANCE et L'UNITE fraternelle de nos vaillantes populations.
PROGRAMME DE LA CEREMONIE
14 H : Rassemblement au stade
14 H 30 : Début de la procession en Direction du Palais Royal
15 H 30 : Arrivée et installation des populations
15 H 45 : Arrivée et installation des officiels
16 H : Arrivée et installation des Chefs
16 H 14 : Arrivée et installation du Roi
16 H 30 : Cérémonies traditionnelles
17 H 30 : Réjouissances des populations danses traditionnelles et fanfare
19 H 30 : Fin de la cérémonie.
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PROGRAMME ABISSA 2010 |
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 Vendredi 08 octobre 2010 : cérémonie de lancement exceptionnellement à Abidjan à la salle Abissa du Novotel ❖ 18 heures : point de presse de lancement et de présentation du programme de l'Abissa ❖ 18 heures 30 : conférence prononcée par le Pr Agbroffi et M. Ndamoulé Binlin sur le thème « La solidarité dans la société Nzima »
Dimanche 10 octobre 2010 : cérémonie du Siédou ❖ 17 heures : cérémonie du Siédou.
Dimanche 17 octobre 2010 : cérémonie du Gouazo ou 1er jour de danse de l'Abissa ❖ 15 heures : cérémonie de fin de retraite de l'Edo'ngbolé. ❖ 15 heures 30 : procession et Installation de l'Edo'ngbolé à la place de l'Abyssa ❖ 16 heures : danse de l'Abissa
Lundi 18 octobre 2010 : journée des jeunes ❖ 16 heures - 16 heures 10 : entrée des jeunes à l'Abissa ❖ 16 heures 10-17 heures 30: démonstration de pas de danse de l'Abissa. ❖ 17 heures 30-18 heures : tour de danse des associations de jeunes.
Mardi 19 octobre 2010 : journée de purification de l'Edo n'gbolé. 1ère sortie du Roi ❖ 14 heures 30: regroupement des Komenlins, des jumeaux des familles Nvavilé et Mafelè à l’Akenzie pour conduire le Roi à l'Abissa. ❖ 15 heures 30-17 heures 30 : défilé des familles Nvavilé et Mafelè devant le Roi, tour de passage des groupes de danse ❖ 17 heures 30 - 18 heures : tour de chant des chansonniers Ablamon et Ananze ❖ 18 heures - 18 heures 15 : tour de danse du Roi et départ du Roi
Mercredi 20 octobre 2010 : journée des femmes ❖ 15 heures: regroupement des femmes et des reines mères au secrétariat de la royauté ❖ 15 heures 30-16 heures: installation des reines mère et des femmes à la tribune ❖ 16 heures - 17 heures 30 : défilé des familles Ezohilé et Ndjuafo et tour de passage des groupes de danse. ❖ 17 heures 30-18 heures : tour de chant des chansonniers Ablamon et Ananze ❖ 18 heures - 18 heures 30 : tour de danse des reines mères et des femmes et départ des reines mère
Jeudi 21 octobre 2010 : Abissa, danse conjuratrice de calamités (Mobilisation de toutes les forces vives de la société Nzima avec une présence spéciale du Chef de Famille du Roi et du village de Koblèzo)
❖ 14 heures 30-15 heures 30 : Procession (invocation de la paix) des groupes de danseurs dans les artères du quartier France ❖ 15 heures 30-16 heures: installation des couches sociales Nzima + les 7 chefs des 7 familles Nzima à la tribune ❖ 16 heures - 17 heures 30 : passage de la famille Azanwoulé et tour de danse des groupes de danse. ❖ 17 heures 30 - 18 heures : tour de chant des chansonniers Ablamon et Ananze ❖ 18 heures - 18 heures 30 : tour de danse des couches sociales Nzima.
Vendredi 22 octobre 2010 : journée des chefs traditionnels ❖ 15 heures - 16 heures : Entrée des chefs traditionnels à l'Abissa ❖ 16 heures 30-17 heures 30 : défilé des familles Allowonba et Adawonlin et tour de passage des groupes de danseurs. ❖ 17 heures 30-18 heures : tour de chant des chansonniers Ablamon et Ananze ❖ 18 heures- 18 heures 30 : tour de danse des chefs traditionnels.
Samedi 23 octobre 2010 : 2ème sortie du Roi ❖ 10 heures : cérémonie d'hommage à .... (au centre culturel JB Mockey) ❖ 15 heures : accueil du Roi et de ses invités au secrétariat de la royauté à l’Ahenfié ❖ 15 heures 30 : installation des invités du Roi et des officiels à la place de l'Abissa ❖ 15 heures 45 : entrée du Roi à la place de l'Abyssa ❖ 16 heures - 17 heures 30 : tour de passage des groupes de danseurs. ❖ 17 heures 30-18 heures 15 : tour de chant des chansonniers Ablamon et Ananze ❖ 18 heures 15 : départ du Roi et des invités officiels. ❖ 22 heures : Cérémonie de fin de danse de l'Abyssa.
Dimanche 24 octobre 2010 : L'Ewoudolê et le Bouakêzo ❖ 02 heures - 05 heures : Ewoudolè à la place de l'Abyssa. ❖ 05 heures - 06 heures 30 : Fanfare ❖ 08 heures - 11 heures : Bouakêzo ❖ 14 heures - 15 heures 30 : parade des groupes de danse Nzima ; ambiance musicale à la place de l'Abyssa. ❖ 15 heures 30-16 heures : Entrée du Roi et de la reine mère à la place de l'Abyssa ❖ 16 heures - 16 heures 10 : Mot du président du comité d'organisation de l'Abyssa suivi de la présentation des membres du comité d'organisation ❖ 16 heures 15-17 heures : Présentation des vœux des représentants des composantes de la communauté Nzima au Roi (familles, jeunes, femmes, travailleurs, chefs traditionnels) ❖ 17 heures - 17 heures 15 : Message de nouvel an du Roi au peuple Nzima ❖ 17 heures 15-20 heures : Réjouissance populaire
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ABYSSA FETE NZIMA |
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 ABYSSA 2007
Conférence publique prononcée
par
Le Professeur GREKOU ZADI
Université de Bouaké
Sur:
<< L’Abyssa dans la modernité »
Grand-Bassam le 20 Octobre 2007
Il s’agit de porter notre réflexion sur «L'Abysse dans la modernité » : l’Abyssa qui est une fête à arrière-plan génésiaque organisée périodiquement ici a Grand-Bassam par le peuple Nzima Kotoko, et qui peut être interprétée comme l'avènement d'une nouvelle année impliquant une régénération du temps, voire du peuple Nzima Kotoko1 . En effet, ce n'est pas à vous que j'apprendrai que cette communauté de l'aire Kwa est une civilisation de l'oral remarquable par sa pratique de la critique comme source et condition de santé et de progrès. En tant qu’institution dudit peuple, l' Abyssa est par conséquent l'instance de socialisation et de contrôle du pouvoir par le biais de chants-canons à l'instar du Wassan Kara chez les Hawsa du Niger: chanter pris ici au sens de « tirer à bout portant» sur la société civile pour qu'elle gouverne convenablement ; c'est-à-dire dans le sens de l'équité. En fait, ce théâtre qui s’identifie avec l'expression même de la satire est l'émanation même de la volonté du peuple. Car, c'est la démocratie elle-même qui, comme deux fois en Grèce antique, invite ici une fois par an les poètes, entendons, les Ezôrnlè, à moquer le fonctionnement de la dite démocratie. Parce que ces critiques sont politiquement nécessaires à son bon fonctionnement. L'univers de l'Abyssa est donc un monde de la parole, et ce, à plusieurs niveaux. Tout est occasion de discourir à telle enseigne qu'il s'établit toute une série d'actes de communication dont les deux protagonistes - les émetteurs (les Ezômlè) et le receveur (le peuple Nzima) - appartiennent à la même communauté linguistique pour être définis comme les usagers effectifs d'un même et seul code embrassant les mêmes signes. Or donc, si l'on observe que les substantifs « parole» et « verbe» possèdent parfois la même acception, il n'en demeure pas moins cependant que la parole sert à caractériser l'expression intérieure et extérieure de la pensée. En revanche, le verbe serait le principe d'origine divine qui a favorisé l'éclosion de la parole et sans lequel on ne peut parler de langage. Et, comme au commencement fut le Verbe, force est d'admettre qu’il « établit un rapprochement entre l'homme et son Dieu, en même temps qu'une liaison entre le monde objectif concret et le monde subjectif de la représentation2 ». Voilà pourquoi, le concept de modernité appliqué à un mythe ancien comme l'Abysse doit s'entendre en un double sens. L'Abyssa est d'abord moderne en son époque par référence aux autres mythes contemporains et / ou prédécesseurs. Après Abla Pokou, mythe fondateur du peuple baoulé, Srèlè, mythe de la philosophie de l'art bété, Maieto, qui est la charte de référence de la société bété, au plan rituel, l’Abyssa innove, explore les facettes de la société; elle fait un peu scandale, serait¬-on enclin à dire. Mais, en même temps il se trouve que, par là, ce mythe rejoint par divers traits notre époque à nous; le fait est que les écrivains ou hommes de culture d'aujourd'hui reprennent et renforcent beaucoup des tendances qui, depuis les temps immémoriaux, avaient tant surpris. Pensons aux Dionysies et aux Lénéennes de l’Antiquité grecque: la satire des hommes en vue, pour ne pas dire les personnalités ! Dans ces conditions, l'Abyssa ou Kundum est alors moderne au sens absolu de l'expression. Mais le second sens ne se découvre dans toute sa force que lorsque l'on a pleinement mesuré la portée du premier. En effet, la nouveauté des orientations que les organisateurs n'ont de cesse de donner à ce théâtre, ne se dégage en fait que par rapport aux autres mythes génésiaques à travers la valeur du verbe: un théâtre d'idées où la critique prend la première place en vue d'une catharsis qui entraîne avec elle une sorte de palingénésie ou renouveau. On peut dire que chez les Nzima, tout comme chez Euripide, le mythe que les premiers mettent en scène se colore volontiers des couleurs du présent. Il importe de relever comment l'échange s'établit, presque constamment entre l'expérience des acteurs et le mythe mis en scène. On dirait que la réalité qui l'entoure pénètre partout les données mythiques et leur prête leur forme, tandis qu’inversement le mythe revêt un sens vivant pour les spectateurs du temps. Rien d'étonnant alors à ce que notre axe de pensée soit greffé sur les trois points suivants:
1) la signification du mythe d'Afoakyé sous-tendant la conception de la parole dans la pensée mythique Nzima et les caractéristiques de l'Abyssa comme symbolique de régénération. A savoir ses origines et le concept.
2) Les différentes fonctions dudit mythe.
3) L 'Abyssa, instance de socialisation.
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